Le Lied est une symbiose, celle d’un texte poétique avec une musique capable d’exprimer, de rendre, de s’unir, de compénétrer ce monde intérieur, cette atmosphère transceandante évoquée et proposée par le texte.
Pour ce récital Ferruccio Furlanetto a choisi le cycle incontournable du “Winterreise” de Franz Schubert (D 911, op.89, l’un des sommets sublimes de cet art.
La basse Furlanetto est incontestablement un chanteur de grande qualité sur le plan de la technique vocale. Son registre grave est très beau, sa préparation irréprochable. Toutefois, en montant vers le registre médium et aigu, sa voix change de couleur, devient plus claire: piano ou pianissimo ne veut point dire qu’il faille une voix moins sombre. Le pianiste Tchetuev, qui joue irréprochablement comme l’impose la musique de Schubert, avec une maîtrise complète de son art; il offre son grand métier au chant, le soutient.
Au nom de cette symbiose dont nous parlions au début, il faut dire qu’à notre avis elle n’a pas eu lieu. Les deux artistes sont irréprochables, ils chantent et jouent en parfait accord, mais chacun garde son identité musicale. Ce miracle incontournable de deux âmes qui deviennent une seule entité ne s’est pas réalisé. Est-ce trop prétendre? Peut-être, mais cette symbiose miraculeuse nous a manqué.
Le public a apprécié vivement l’exécution et les deux musiciens.
Giuseppe Pintorno
