Le concert de Jonas Kaufmann & Helmut Deutsch.
Le proverbe affirme qu’il n’y a pas de limites au pire, nous dirons qu’il n’y a pas de limites aux mieux ! La symbiose de ces deux artistes a atteint un niveau musical et émotionnel on ne pourrait plus intense. Dans le monde de l’art parler de perfection est un peu inutile, car « les » perfections peuvent être plurielles. Moins jeune que Kaufmann, Deutsch a aussi une expérience qui lui donne la possibilité de faire chanter les doigts avec des legato inoubliables. Kaufmann a perfectionné une technique vocale qui sait s’annuler et qu’ il dépasse l’ ayant comme intériorisée, chantant avec un naturel qui donne au public l’illusion de pouvoir en faire autant, tellement c’est facile ! Programme de Lieder des plus prenants, allant de Liszt à Schumann, de Wagner à R.Strauss, parcourant aussi des chemins aimés d’ordinaire par les voix féminines. Des pianissimo les plus impalpables aux forte bien sombres et virils, des passages de registres en « falsettone » fondant aux pianissimo de sa belle voix sombre. Le tout terminé en un éventail de bis exceptionnel, jusqu’à embrasser le public idéalement (et à se faire embrasser) à la fin avec l’air populaire de Das Land des Lächelns (de F.Léhar). Helmut Deutsch a été lui aussi aimé par les mélomanes dans cette fête de la musique.
Giuseppe Pintorno
