de Verdi
Il ne pouvait manquer aux programmes, en cette année du bicentenaire verdien, l’un des opéras les plus aimés des publics. L’Égypte fabuleuse ne cesse de faire rêver avec ses couleurs, ses parfums, ses musiques…Cette reprise est bien le spectacle avec décors et mise-en-scène de Franco Zeffirelli, apprécié par qui désire retrouver une tradition sûre, des éléments devenus classiques, par une conception qui aime retrouver ces éléments intensément « touristiques », mais très riches, bien rassurants, sans faire recours aux intellectualismes. Le travail de Franco Zeffirelli est repris par Marco Gandini. Les chanteurs nous ont donné l’impression que leurs mouvements scéniques dépendaient aussi d’une conception traditionnelle, plus concentrée vers la vocalité que vers le drame social d’un peuple et du classique triangle des trois amoureux. Les costumes de Maurizio Millenotti, la chorégraphie de Vladimir Vasiliev, les lumières de Marco Filibeck : tout a complété ce spectacle que le public a vraiment apprécié.
Sur les planches toute une foule : les danseurs du Corps de ballet et les élèves de l’École de danse Académie du Teatro alla Scala. Gianandrea Noseda, chef d’orchestre et donc de toute la machine-spectacle, a très bien dirigé, toujours dans l’intention de renouveler une immuable tradition. Très bien aussi Bruno Casoni, chef des chœurs. Nous arrivons donc aux personnages. Alexander Tsymbalyuk a prêté sa voix de basse bien sonore au Roi, alors que Ramfis, l’autre basse, c’était Marco Spotti, à la hauteur de son rôle aussi. Nadia Krasteva, la princesse Amneris, a rencontré des moments durs, le rôle étant peut-être trop lourd pour sa vocalité. Hui He a prêté sa belle voix toute sa sensibilité à la généreuse et malheureuse protagoniste. Fabio Sartori, dès la première phrase, a lancé ses aigüs et sa puissance vocale donnant bien plus l’impression du guerrier qu’à la fois du jeune amoureux : n’oublions pas que Radamès doit incarner les deux facettes du personnage. Alberto Mastromarino, un Amonasro au phrasé de bonne qualité, ne devait pas se trouver, de par sa voix, dans ses moments les meilleurs. Très correcte le messager de Jaeheui Kwon ainsi que la Prêtresse de Sae Kyung Rim.
L’enthousiasme du public, à la fin, nous fait comprendre que le charme d’un drame exotique opère toujours, même à travers les siècles.
Giuseppe Pintorno
