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LES DAMES AUX CAMÉLIAS

août 22, 2014
by Euphonia
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« La Traviata » et ses collègues

La Traviata,  l’un des opéras les plus représentés dans les théâtres du monde entier,  fut créée  le 6 Mars 1853 à La Fenice de Venise. Mis en musique par Giuseppe Verdi sur un livret de Francesco Maria Piave ( tiré de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils  ( d’abord un roman, 1848, ensuite réduit à une pièce, 1852).

La création ne fut pas un succès : les spectateurs n’aimèrent point les interprètes (Fanny  Salvini-Donatelli (Violetta), Lodovico Graziani (Alfredo), Felice Varesi (Germont père), ni le fait de voir représenté un opéra en costumes contemporains. Probablement ils refusaient de regarder un drame moderne, dans lequel  ils risquaient de pouvoir se reconnaitre, et assumer la responsabilité d’une structure sociale en perpétuel renouvellement.

En réfléchissant on trouve que ce n’est pas par hasard que des femmes comme notre Traviata aient existé soit sur scène, au théâtre et à l’opéra, soit dans la vie quotidienne, car c’est bien la société, ou la structure sociale, qui les a poussées à s’organiser pour vivre, et survivre, comme on le sait. Le métier le plus ancien du monde a existé avant et continue d’exister, mais notre intérêt actuel est capturé par sa célébration musicale.

La société imposait aux jeunes de s’unir en mariage dans un but principal bien évident : arriver à unir les propriétés, les terres, les richesses. Pour réaliser cela tout le reste était sacrifié : amour, sexe, bonheur, rapports interpersonnels. Comme le dit Catherine Clément:

« Aujourd’hui La Traviata n’est plus l’histoire d’un amour malheureux entre une prostituée et un jeune homme un peu fou, c’est le conflit cruel entre la famille, ses intérêts de propriété, et le monde parallèle de la prostitution. » […] « Valses. Valses lentes , amoureuses ou tristes, s’étouffant jusqu’au repos ; valses brillantes… Valses triviales, vulgaires, pourries. C’est à Paris vers la mi-temps du siècle… Cette héroïne d’opéra s’appelle la Traviata… C’est l’histoire exemplaire d’une femme broyée par la famille bourgeoise. »… Violetta Valéry… se trouve sans l’avoir cherché en position de rébellion ; si elle cède à la dure loi familiale que lui impose un père bourgeois, c’est pour vivre un chemin de croix où se développe, jusqu’à son terme, une passion. Toute famille comporte dans ses histoires, dans ses affaires, des rites de passage obligés. Violetta, hors famille, n’a d’autre solution, pour sortir des mauvais chemins où la vie l’a conduite, que le rite mortel du sacrifice… elle tourne de valse en valse en se posant à peine, comme un oiseau las, le temps de reprendre une respiration malade. Tout autour, les membres de la famille jugent, exécutent, légifèrent. Elle danse, elle boit. »

Cela rend bien l’idée des rapports, d’une tension cruelle entre la femme fragile et seule et le personnage du père défendu par tout le système sur lequel repose la société  qu’il représente.

Mais qui était vraiment Violetta ?  Dans le quotidien elle s’appelait Marie Duplessis. Dans quelques écrits on la définit « courtisane ».Née en Normandie, elle a vécu jusqu’ à 1847. Son père l’a vendue toute jeune à un vieux. Elle a rencontré Alexandre Dumas fils en 1844, en est devenue la maîtresse pendant un an. Elle mourra le 3 février, après trois jours d’agonie.

Alphonsine Plessis (qui deviendra  Marie Duplessis) était née le 16 janvier 1824. D’abord vendeuse, en 1840 elle était la maîtresse  d’ Agénor, duc de Guiche. Elle poursuit sa carrière, pour ainsi dire, de belle femme, élégante, admirée, dans la société parisienne. Un vieux noble russe ( le comte de Stackelberg) devient son protecteur ; on est en 1844 et elle fait la rencontre d’Alexandre Dumas fils. 1845 : les deux amants se quittent (il  prétexte ne pas être assez riche) ; pendant un moment Marie est l’amante de Franz Liszt. Après un mariage de très courte durée elle est atteinte de tuberculeuse (1846). Alexandre Dumas lui écrit et lui demande pardon de l’avoir  quittée. Il espère recevoir un mot amical de Marie, qui n’ arrivera jamais.  Le 3 février 1847 elle s’éteint à Paris, boulevard de la Madeleine. Service funèbre à la Madeleine, inhumation au cimetière Montmartre. Alexandre Dumas compose une élégie qu’il publie dans un recueil de vers, Péchés de jeunesse.

L’histoire de cette pauvre femme ressemble à beaucoup d’autres « collègues » à elle, mais elle a eu la chance d’être racontée par un écrivain et le récit de son histoire de capturer l’attention d’un grand musicien : Giuseppe Verdi.

Le roman La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils fut publié à Paris en 1848 et republié plusieurs fois, avec beaucoup de succès. La pièce en cinq actes, du même titre, fut crée le 2 février 1852 à Paris, au Théâtre du Vaudeville. Mais il nous restent aussi d’autres témoignages de cette situation sociale : Le maitre de forges, roman de Georges Ohnet (1882) par exemple, ou celui de François Mauriac Thérèse Desqueyroux (1927).

Giuseppina Strepponi et Verdi assistent  à une représentation de la pièce  et, dans un certain sense, s’ identifient au couple protagoniste de ce drame. Il convient, à ce point, de lire quelques lignes de la lettre que Verdi écrivit de Paris à Antonio Barezzi, son beau-père, le 21 janvier 1852 pour mieux comprendre les personnes et la société qui les entoure :

« … Je n’ai aucune difficulté, d’aucune sorte, pour soulever le rideau qui révélera les mystères enclos entre les quatre murs de ma maison et pour vous parler de ma vie chez moi. Je n’ai rien à cacher. Dans ma demeure vit une femme libre, indépendante, aimant comme moi la vie solitaire, disposant d’une fortune qui la met à l’abri du besoin. Ni elle, ni moi ne devons à qui que ce soit aucun  compte pour nos actions. Mais, d’un autre côté qui sait quelles relations nous entretenons ? De quelles affaires s’agit-il? Quels sont mes droits sur elle et ceux dont elle dispose sur moi ? Qui peut dire si elle est ou non ma femme ? Et dans ce cas  qui peut connaître les raisons spécifiques, quelles sont ces idées, pour ne pas les faire connaître ? Qui peut établir ci cela est bien ou mal ? Pourquoi ne serait-ce pas une bonne chose ? Et même si cela n’est pas bien, qui est en droit de nous  lancer l’ anathème ?… ».

Ces quelques mots de Verdi nous confirment une auto-identification, une auto-défense contre une société hostile.

Il fallut du temps pour que l’opéra de Verdi atteigne le succès. Les premiers temps on déplaça cette  histoire à des époques précédentes, avec changement des costumes, avec changement du titre.

Le rôle de Violetta exige des dons musicaux complets, une maîtrise de la scène par une actrice véritable. Sur le plan vocal Verdi lui demande une technique solide, une extension remarquable,   une forte intensité dramatique, au premier acte les agilités d’un soprano colorature.

Quelques sopranos en difficulté se consolaient en disant que pour Violetta  il fallait trois voix, une pour chaque acte. Mais Verdi savait parfaitement ce qu’il fallait à son personnage, et les bonnes interprètes en on fait preuve. Quant aux lectures  des metteurs -en-scène qui veulent considérer et représenter La Traviata comme une histoire actuelle, on ne saurait en nier la possibilité. Tout dépend du respect de la musique, de la logique dramatique, de l’équilibre entre le contenu dramatique et les caractéristiques visuelles que la période concernée doit exprimer, de la crédibilité du rapport entre le drame à l’époque de  sa naissance et l’époque choisie par le metteur-en-scène; les costumes aussi sont en cause, crédibles ou pas du tout. En un mot, il faut respecter le caractère de l’oeuvre musicale concernée.

Est-ce que  des lectures « modernes »sont donc possibles? A notre avis oui, mais en considérant cas par cas.

« E’ strano…Sempre libera » chanté par Fabbricini
« Addio del passato » chanté par Delunsch

                                                                                 Giuseppe  Pintorno

« LES DAMES  AUX  CAMÉLIAS”

La traviata e le sue “colleghe”

La Traviata, una delle opere più rappresentate nei teatri del mondo intero, andò in scena in prima assoluta il 6 marzo 1853  al Gran Teatro La Fenice di Venezia. Musicata da Giuseppe Verdi su libretto di Francesco Maria Piave (tratto da La Signora dalle camelie  di Alessandro Dumas figlio (dapprima un romanzo, 1848; in seguito ridotto a dramma in prosa, 1852).

La prima non costituì un successo: agli spettatori non piacquero affatto gli interpreti (Fanny  Salvini-Donatelli (Violetta), Lodovico Graziani (Alfredo), Felice Varesi (Germont padre), né il fatto di veder rappresentata un’ opera in abiti contemporanei. Probabilmente rifiutavano di dover guardare un dramma moderno nel quale rischiavano di potersi riconoscere, e di doversi assumere la responsabilità di una struttura sociale in perpetuo rinnovamento.

Riflettendo, si trova che non è per caso che delle donne come la “nostra” siano esistite sia sulla scena, nel teatro di prosa o all’ opera, sia nella vita quotidiana, poiché è proprio la società, o la sua struttura sociale, che le ha spinte ad organizzarsi per vivere, e sopravvivere, come tutti sappiamo. Il mestiere più antico del mondo è esistito prima e continua ad esistere, ma  il nostro interesse attuale è catturato dalla celebrazione in musica.

La società imponeva ai giovani di unirsi in matrimonio con uno scopo principale ben evidente: arrivare ad assommare le proprietà, le terre, le ricchezze. Per realizzare questo veniva sacrificato tutto il resto: amore,  sesso, felicità, rapporti interpersonali. Come scrive Cathérine Clément(1): “ Oggi La Traviata non è più la storia di un amore infelice tra una prostituta ed un giovane un po’ pazzo, è il conflitto crudele tra la famiglia, i suoi interessi di proprietà e il mondo parallelo della prostituzione.” […] “Valzer. Valzer lenti, amorosi o tristi, che si fanno soffocanti fino alla fine: valzer brillanti… Valzer triviali, volgari, putrefatti. E’ a Parigi verso la metà del secolo… Questa eroina operistica si chiama la Traviata… E’ la storia esemplare di una donna stritolata dalla famiglia borghese.” … Violetta Valéry… si trova, senza averlo cercato, in una posizione di ribelle: se cede alla dura legge familiare che le impone un padre borghese, è per vivere una via crucis in cui  si sviluppa, fin in fondo, una passione. Ogni famiglia comporta nelle proprie storie, nei propri affari, dei riti di passaggio obbligati. Violetta, al di fuori della famiglia, non ha altra soluzione, per uscire dalla cattiva strada sulla quale la vita l’ha condotta, se non il rito mortale del sacrificio… essa volteggia di valzer in valzer posandosi appena Tutt’intorno il tempo per riprendere una respirazione malata, come un uccello stanco. Tuttintorno i  membri della famiglia giudicano, eseguono, legiferano. Lei danza, beve.”(2). Questo rende bene l’ idea dei rapporti, della tensione crudele tra la donna fragile e sola e il personaggio del padre, difeso da tutto il sistema sul quale si basa la società che egli rappresenta.

Ma chi era veramente Violetta? Nella vita quotidiana si chiamava Maria Duplessis. In qualche scritto la si definisce “cortigiana”. Nata in Normandia, è vissuta sino al 1847. Suo padre l’ha venduta giovanissima  a un vecchio. Nell 1844 ha incontrato Alessandro Dumas figlio e per un anno ne è diventata l’amante. Essa morirà il 3 febbraio, dopo tre giorni di agonia.

Alfonsina Plessis (che diventerà Maria Duplessis) era nata il 16 gennaio 1824. In un primo  momento fece la commessa. Nel 1840 era l’amante di Agénor, duca di Guiche. Avanzò, per così dire, nella sua carriera di bella donna, elegante, ammirata, nella società parigina. Un vecchio russo nobile (il conte di Sackelberg) ne divenne il protettore: si era nel 1844 ed essa fece l’incontro con Alessandro Dumas figlio. 1845: i due amanti si separano (egli dichiarò di non avere sufficienti ricchezze); per un breve periodo Maria fu l’amante di Franz Liszt. Dopo un altro matrimonio di assai breve durata, viene colpita dalla tubercolosi (1846). Alessandro Dumas le scrive chiedendole perdono per averla lasciata. Egli spera di ricevere da Maria qualche riga amichevole, ma non riceverà mai nulla. Il 3 febbraio 1847 essa si spegne a Parigi; abitava sul boulevard de la Madeleine e alla chiesa della Madeleine venne celebrato un servizio funebre. Fu seppellita al Cimitero di Montmartre. Alessandro Dumas compose un’ elegìa che pubblicò in una raccolta in versi intitolata Peccati di gioventù.

La storia di questa povera donna assomiglia a quella di molte altre sue “colleghe”, ma a lei è capitata la fortuna di essere raccontata da uno  scrittore, e il racconto della sua storia di attrarre l’ attenzione di un grande musicista: Giuseppe Verdi.

Il romanzo La Signora dalle camelie di Alessandro Dumas figlio fu pubblicato a Parigi nel 1848 e ripubblicato più volte, con grande successo. I cinque atti del  dramma in prosa, dallo stesso titolo, furono rappresentati al Teatro del Vaudeville, a Parigi, il 2 febbraio 1852. Ma a proposito di questa situazione sociale ci restano altre testimonianze, altri esempi: Il Padrone delle ferriere, romanzo di Georges Ohnet (1882), o quello di François Mauriac, Thérèse Desqueyroux (1927).

Giuseppina Strepponi e Verdi assistono a una rappresentazione e, in un certo senso, si identificano nella coppia protagonista del dramma. A questo punto conviene leggere qualche riga della lettera che da Parigi Verdi scrisse a Antonio Barezzi, che gli era suocero, il 21 gennaio 1852, per meglio capire le persone e la società che li circondava:

“… non ho difficoltà alcuna ad alzare la cortina che vela i misteri racchiusi fra quattro mura, e dirle della mia vita di casa. Io non ho nulla da nascondere. In casa mia vive una Signora   libera, indipendente, amante come me della vita solitaria, con una fortuna che la mette al coperto di ogni bisogno. Né io, né Lei  dobbiamo a chicchessia conto delle nostre azioni; ma d’altronde chi sa quali rapporti esistano tra noi? Quali gli affari? Quali i legami? Quali i diritti che io ho su Lei ed Ella su di me? Chi sa s’Ella è o non è mia moglie? Ed in questo caso chi sa quali sono i motivi particolari, quali le idee da tacerne la pubblicazione? Chi sa  se ciò sia bene o male? Perché non potrebbe anche essere un bene? E fosse anche un male, chi ha il diritto di scagliarci l’ anatema?…”(3).

Queste parole di Verdi ci confermano un’ auto-identificazione, un’ auto-difesa contro una società ostile. Ci volle del tempo affinché l’opera di Verdi raggiungesse il successo. I primi tempi si spostò l’ argomento in epoche precedenti, e parimenti i costumi. E venne cambiato anche il titolo.

Il ruolo di Violetta esige qualità musicali complete, una padronanza della scena da  vera attrice. Dal punto di vista vocale Verdi le richiede una tecnica solida, un’ estensione notevole, una forte intensità drammatica, al primo atto le agilità di un soprano coloratura.

Qualche soprano in difficoltà si consolava dicendo che per Violetta ci volevano tre voci, una per ogni atto. Ma Verdi sapeva perfettamente quanto era necessario al suo personaggio, e le buone interpreti ne hanno fatto prova. Quanto alle letture dei registi che vogliono considerare e rappresentare La Traviata come una storia attuale, non sapremmo negarne la possibilità. Tutto dipende dal rispetto della musica, dalla logica drammatica, dall’ equilibrio tra il contenuto drammatico appunto e le caratteristiche di immagine che il periodo in questione deve esprimere, dalla credibilità del rapporto fra il dramma all’epoca della sua creazione e l’epoca scelta dal regista; i costumi pure sono partein causa, credibili o assolutamente inaccettabili. In una parola, bisogna rispettare il carattere dell’ opera musicale in argomento.

Sono dunque possibili delle letture “moderne” ? A nostro parere sì, ma facendo  le dovute considerazioni, caso per caso.

« E’ strano…Sempre libera » chanté par Fabbricini
« Addio del passato » chanté par Delunsch

 

                                                                                           Giuseppe Pintorno

 

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Tiziana Fabbricini – E Strano… Sempre libera ( La Traviata – Giuseppe Verdi )

Addio del passato – Mireille Delunsch / TRAVIATA

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